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Article06/04/2026

CNews, machine à racisme (avril 2026 - Bally Bagayoko)

Ou quand une chaîne d’information se transforme en tribune de la haine contre Bally Bagayoko

Le racisme décomplexé de CNews : des propos ignobles et assumés

Des « grands singes » et un « mâle dominant » : le vocabulaire colonial de CNews

Les 27 et 28 mars 2026, la chaîne CNews, propriété du milliardaire Vincent Bolloré, a offert une nouvelle démonstration de son racisme structurel. Lors d’un débat sur les premiers jours de mandat de Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, le psychologue Jean Doridot a estimé qu’il était « important de rappeler que l’homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes ». Puis, il a ajouté : « Dans toute collectivité, dans toute tribu, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité. » Le message était clair : Bally Bagayoko, maire noir de Saint-Denis, n’est qu’un « singe » ou un « chef de tribu », un stéréotype raciste aussi vieux que le colonialisme.

Le lendemain, le philosophe Michel Onfray, invité régulier de la chaîne, a enfoncé le clou en décrivant Bally Bagayoko comme un « mâle dominant » et en évoquant une « tribu primitive ». Ces propos, qui relèvent de la zoologie plus que du débat politique, visaient délibérément à déshumaniser le maire de Saint-Denis, à le réduire à une caricature raciste et à nier sa légitimité démocratique.

Une chaîne qui assume son racisme

Face à l’indignation générale, CNews a tenté de se défendre en affirmant que « de quelconques propos racistes » n’avaient pas été tenus sur son antenne. Une déclaration mensongère et méprisable, alors que les séquences sont disponibles et que leur caractère raciste est évident. Pire, la chaîne a accusé les réseaux sociaux de « déformer » ses propos, comme si le racisme n’était qu’une question d’interprétation. En réalité, CNews assume pleinement son rôle de caisse de résonance pour les pires préjugés racistes, sous couvert de « liberté d’expression ».

Bally Bagayoko, cible d’une campagne de haine orchestrée

Un maire élu, une cible désignée

Bally Bagayoko, élu dès le premier tour avec 50,77 % des voix, incarne une France plurielle et métissée que CNews et l’extrême droite ne supportent pas. Dès son élection, il a été la cible d’une campagne de haine sur les réseaux sociaux, relayée par des comptes d’extrême droite et amplifiée par des médias complaisants. Des appels téléphoniques racistes ont inondé la mairie de Saint-Denis, avec des messages comme : « Allô ? C’est bien ici la ville des Noirs et des Arabes ? » ou « Il faut porter un voile pour aller à l’école ? ».

Une instrumentalisation politique

Les propos de CNews ne sont pas anodins : ils s’inscrivent dans une stratégie délibérée de diabolisation des élus issus de l’immigration ou des quartiers populaires. En comparant Bally Bagayoko à un singe ou à un chef de tribu, CNews reprend les codes du racisme colonial et légitime la haine envers les personnes racisées. Cette chaîne, qui se présente comme un média d’information, n’est en réalité qu’un outil de propagande au service de l’extrême droite et de ses obsessions identitaires.

La réaction des pouvoirs publics : entre indignation et impuissance

Des condamnations tardives et insuffisantes

Face à l’ampleur du scandale, plusieurs responsables politiques ont enfin réagi. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a qualifié les propos de CNews d’« ignobles » et d’« inacceptables », tandis que la ministre de la Culture Catherine Pégard a dénoncé des « attaques inadmissibles ». Pourtant, ces déclarations restent des mots creux tant que la chaîne continue d’émettre en toute impunité. Le silence de l’Élysée, souligné par Bally Bagayoko lui-même, est particulièrement accablant : il confirme que le racisme, lorsqu’il vise des élus de gauche ou issus de l’immigration, est toléré par le sommet de l’État.

Une plainte et un rassemblement historique

Bally Bagayoko n’a pas laissé passer l’affront. Il a déposé plainte contre CNews, Jean Doridot et Michel Onfray pour « injure publique à caractère raciste ». Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris, et le préfet de Seine-Saint-Denis s’est constitué partie civile. Mais la justice sera-t-elle assez rapide et ferme pour sanctionner une chaîne qui se croit au-dessus des lois ?.

Le 4 avril 2026, des milliers de personnes se sont rassemblées à Saint-Denis pour dénoncer le racisme de CNews et soutenir leur maire. « Nous sommes la France ! », ont scandé les manifestants, rappelant que la diversité est une richesse et que le racisme n’a pas sa place dans une démocratie. Pourtant, malgré cette mobilisation, CNews continue de diffuser sa propagande haineuse, protégée par des actionnaires milliardaires et une complaisance politique scandaleuse.

CNews, une chaîne raciste qui doit être fermée

Un historique de dérives racistes

CNews n’en est pas à son premier dérapage. La chaîne, qui a remplacé iTélé en 2017, est devenue sous l’ère Bolloré un repaire pour les polémiques racistes, les théories complotistes et les discours d’extrême droite. Elle a déjà été épinglée à plusieurs reprises par l’Arcom (ex-CSA) pour ses manquements déontologiques, mais les sanctions restent symboliques. Pourtant, lorsque C8, une autre chaîne du groupe Canal+, a été sanctionnée pour ses excès, elle a fini par perdre sa fréquence TNT. Pourquoi CNews bénéficierait-elle d’un traitement de faveur ?

Une complicité politique et médiatique

Le problème de CNews, c’est qu’elle est protégée par un réseau d’influence. Vincent Bolloré, son propriétaire, est un milliardaire ultraconservateur qui utilise ses médias pour imposer son agenda politique. Des ministres, des députés et des intellectuels complaisants continuent de fréquenter ses plateaux, légitimant ainsi une chaîne qui n’a plus rien à voir avec le journalisme. En refusant de boycotter CNews, ils deviennent complices de son racisme.

Il est temps d’agir

Bally Bagayoko a raison : CNews doit être fermée. Une chaîne qui diffuse des propos racistes, qui humilie des élus démocratiquement choisis et qui participe à la banalisation de la haine n’a pas sa place dans le paysage audiovisuel français. L’Arcom doit retirer sa licence, et les pouvoirs publics doivent enfin cesser de tolérer l’intolérable.

La France mérite mieux qu’une chaîne qui transforme le débat public en foire d’empoigne raciste. Assez de complaisance, assez d’impunité : fermons CNews.